Bastides et castels abondent en Haute-Garonne. Leur point commun réside dans l’utilisation de la brique par les bâtisseurs de l’époque qui, à leur manière, ont écrit les principes d’une architecture qui a traversé le temps.

Les petites routes de campagne parsemées d’anciennes fermes à colombages typiques, d’anciens pigeonniers et de vieux moulins à vent, témoignent d’un passé intimement lié à la culture de la terre. De même, les nombreux monuments construits dans les anciens villages et bastides fondées dès le XIIIe siècle ici à l’initiative du Comte de Toulouse racontent l’histoire du mythique pays d’Oc. L’ambiance chaleureuse, la simplicité de l’accueil et la bonne chère feront oublier les tracas du quotidien…

Des lieux emblématiques

De Montgiscard à Avignonet-Lauragais, la route serpente et livre les silhouettes charmantes des villages de Villefranche-de-Lauragais, Nailloux, Montgeard, tous marqués par cette architecture caractéristique qui fait le bonheur des visiteurs et de ceux qui la vivent au quotidien. À Montgiscard, l’église du XVIème siècle au clocher-mur typique en Lauragais dispute la vedette au château de Roqueville, son cloître et sa chapelle de pèlerinage.

À 15 minutes à peine, la bastide de Villefranche-de-Lauragais fondée au XIIIe siècle par Alphonse de Poitiers, se dévoile. Elle aussi a bénéficié du commerce du pastel au XVIème siècle et sa physionomie faite de passages couverts, de maisons à tourelles et colombage, d’une halle centrale et de la place de la Pradelle, démontre bien la richesse qui était la sienne à l’époque. L’église du XIIIe siècle, restaurée aux XIXème et XXème siècles, son clocher-mur à six baies et deux tours octogonales mérite le détour.

Comme de nombreux villages avoisinants, Montgeard est une bastide, « ville nouvelle » créée de toute pièce à l’issue de la Croisade contre les Albigeois (1208-1229). Le Roi de France, Philippe V le Long, fonde Montgeard en 1317 et lui octroie une vocation de foyer démographique et commercial. Montgeard doit son expansion au commerce du pastel.
De cette époque faste, perdurent de nombreux héritages à Montgeard, comme les imposantes maisons pastelières et l’église, financée en partie par de riches marchands pasteliers.

Le château de Laréole

Daté de la fin du XVIème siècle, ce chef-d’œuvre Renaissance témoigne du temps béni du commerce florissant du pastel. « Isatis Tinctoria » produisait une teinture bleue très en vogue qui a fait la richesse de toute la région. Pierre de Cheverry (1528-1593), pastelier de son état, commande la construction d’un château d’apparat au grand architecte toulousain Dominique Bachelier en 1579. Il sera construit en moins de 3 ans ! Édifice unique en son genre dans le Midi toulousain de par son choix esthétique, il alterne briques et pierres pour la construction de ses murs. Témoin de l’art des jardins du XVIIIème siècle, le parc de 24 hectares est aménagé « à la française » selon les règles établies par Le Nôtre (1645-1700). Le verger d’autrefois reprend vie grâce à une vingtaine d’espèces d’arbres fruitiers et six cépages. Le domaine reste dans la famille jusqu’en 1707 puis change plusieurs fois de propriétaires pour finalement être acheté en 1984 par le Conseil général de Haute-Garonne qui entame sa restauration.

Pigeonnier de Merville

Insolite

La Haute-Garonne compte un grand nombre ainsi qu’une grande variété de pigeonniers et de colombiers. L’architecture varie : tours carrées, rectangulaires, rondes, toitures à deux, quatre pentes pyramidales et plus, avec toits superposés en marche d’escalier agrémentés de couronnements, ornements symboliques ou girouettes. À l’intérieur, des centaines de nids bâtis à même les murs dans une succession d’étages et d’autres nids en poterie ou en osier. Les colombiers (grandes tours cylindriques) pouvaient abriter jusqu’au millier de nids avec au centre une potence tournante munie d’une échelle pour accéder aux nids disposés sur toute la hauteur. Les pigeonniers sont des constructions soignées, parfois sophistiquées, qui reflétaient la richesse de leurs propriétaires. Le droit de colombier était donné par les seigneurs aux riches paysans durant le Moyen Âge.

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